Vendredi 19 septembre 2009
Le retour de la grisaille rappelle qu'il est enfin temps de mettre le cap sur la chaleur tropicale. Le dépaysement commence dès l'aéroport, les quelques Français présents semblent s'être
égarés au milieu de cette marée africaine. Afriqyah, la compagnie lybienne, paraît plus attentive aux horaires des prières quà celles des avions : trois heures de retard avec perte de
bagages, ça met dans l'ambiance...
Il est trois heures du matin à Ouagadougou, Abdulkarim et Okocha ont attendu patiemment ma sortie, premiers sourires accompagnés du "bonne arrivée" qu'aucun Burkinabé ne manquera d'adresser au
visiteur de passage. Les Ouagalais ont pourtant bien d'autres soucis à l'heure actuelle, les inondations ont en partie ravagé la ville, au moins 100 000 personnes ont perdu leur abri, certains
quartiers mettront des années à se reconstruire, étrange silence européen sur ce drame...
Je pars rapidement vers ma destination finale : Fada N'Gourma dans l'est du pays. Le grand jeu du taxi brousse, c'est d'entasser un maximum de personnes dans une boîte en fer. Privilège de
l'étranger ou de la taille, on me laisse une place à l'avant, le voyage en sera un peu moins fatiguant.
J'arrive enfin au village, dans la concession de l'association, un véritable jardin d'Eden après le chaos ouagalais.
Une douche, deux cases et quatre murs délimitent ce petit paradis au milieu duquel l'on trouve en guise de pommier un magnifique raisinier qui Dieu merci ne donne pas de fruit. D'ailleurs, on ne
s'en plaindra pas non plus, aucun serpent ne daigne l'habiter, contrairement aux inombrables lézards, geckos et les multitudes d'insectes de la Création qui ne manquent pas eux non plus de venir
vous saluer pendant la nuit.
"Bonne arrivée !"