Mercredi 11 novembre 2009
Comme dans la majeure partie du Burkina, le village de Komadougou se consacre presque exclusivement à l'agriculture. On y cultive surtout des céréales, certaines nous sont familières (maïs,
riz), d'autres sont plus typiquement africaines (mil, sorgho, arachides). La culture de légumes est rare et se cantonne surtout aux haricots.
C'est pour tenter de remédier à cette carence en fruits et légumes qu'ADSD met en place un jardin potager qui sera appelé à s'agrandir, du moins espérons-le.
Au village comme ailleurs en Afrique, l'agriculture est souvent difficile. Se pose d'abord le problème du sol latéritique, qui ne permet guère de retourner la terre sur plus de quelques
centimètres de profondeur. A cela s'ajoute le manque de matériel : la plupart du temps le paysan burkinabé ne peut compter que sur la daba, outil rudimentaire dont la pièce métallique
permet tout juste de gratter le sol.
On comprendra après cela que les rendements soient assez faibles et que l'essentiel de la production soit destiné à l'autoconsommation. Rares sont les productions vendues à l'extérieur, à
l'exception notable du coton, réputé l'un des meilleurs du monde.
La fragilité est donc de mise ici. Chaque année, il faut espérer que la saison des pluies soit abondante mais ni trop brève ni trop longue, ce qui risquerait de pourrir les récoltes.
Alors comme partout où les hommes dépendent de la terre, ils s'en remettent au ciel. Pour les animistes (majoritaires au village) eut lieu cette semaine la fête des récoltes. Il s'agit d'invoquer
et de remercier les fétiches près du baobab sacré. Comme le veut l'usage, le chef de Komadougou est enfin autorisé à manger les nouveaux grains. Mais plus que le maïs, c'est le dolo (bière de mil
locale) qui coule à flot. Les fétiches ont été cléments, la récolte est bonne il n'en faut pas plus aux villageois pour se livrer à la fête.
Et pour l'année prochaine, on verra bien.
Alice et Marceline
Récolte des haricots