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Lundi 23 Novembre 2009
La diversité linguistique de l’Afrique n’est pas la moindre de ses richesses. Avec plus de 1250 langues traditionnelles, le continent concentre plus du quart des dialectes de la planète. Rien
qu’au Burkina Faso, petit pays de 12 millions d’âmes, près d’une soixantaine de langues sont en usage, correspondant chacune à une ethnie. Citons entre autres le gourmanchéma (langue des
Gourmanchés), le fulfuldé (une des langues des Peuls) ou encore le tamacheq (langue des Touaregs). Cette Babel africaine a de quoi décontenancer le Français si exclusivement
monolingue. Contrairement à l’Hexagone, les Etats africains ne se sont pas construits sur une identité linguistique. Ainsi les Burkinabés sont-ils majoritairement bilingues, voire trilingues.
Beaucoup partagent le français, langue de l’administration, de l’école, de l’entreprise. Sa maîtrise est indispensable à toute personne voulant faire « carrière ». Globalement, c’est la
langue de l’écrit. Elle marque également un clivage assez net entre les espaces ruraux et urbains. Si son usage est répandu en ville, il est souvent plus rare dans les campagnes. A Komadougou,
l’intermédiaire d’un traducteur est souvent nécessaire pour se faire comprendre de la plupart des villageois.
A côté de cette langue officielle, d’autres dialectes se sont imposés. Le mooré, langue des Mossi (48% de la population) est compris par la plupart des habitants, le dioula s’est imposé comme la lingua franca des commerçants et des marchés.
Les Burkinabés passent ainsi d’une langue à l’autre avec une facilité déconcertante, mêlant allègrement, et souvent dans la même phrase, les différents idiomes. Il faut dire qu’ils parlent
beaucoup, les Burkinabés…
"Au revoir" :
- Nalleen e jamm (fulfuldé)
- Kan deng (dioula)
- Sai wani lookachi (haoussa)
- Wen a ta say (mooré)
- Harr sad (tamacheq)
- Sidalemnba (gourmanchéma)