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Lundi 7 Décembre 2009
« Eh la vieille ! Venez vous asseoir ici ! » ; « », ainsi interpelle-t-on en Afrique
ceux que l’on nomme en France les « personnes d’un certain âge ». Pour un Européen élevé dans le culte de la jeunesse, la chose a de quoi surprendre, voire de choquer. Ici être
« vieux », loin d’être une tare, est une qualité enviée, et cette qualité donne des droits.
Le respect envers le « vieux » se marque d’abord dans les salutations. La plupart des Burkinabés ne leur serrent pas la main mais s’agenouillent à bonne distance pour demander de leurs
nouvelles. Au sein de la concession, l’autorité revient d’abord au grand-père. C’est lui qui décide de l’attribution des cases, qui donne son accord sur les mariages et qui choisit les prénoms de
ses petits enfants.
Qu’est-ce qui justifie une telle autorité ? Le vieux est d’abord le chef de la famille, qui reste l’élément de base de l’identité en Afrique. Ce qui fait également la valeur de la
vieillesse, c’est sa rareté. Dans un pays où moins de 3% de la population dépassent les 65 ans, celui qui a réussi à survivre là où tant d’autres sont tombés méritent la considération. Cette
longue expérience, si rare, constitue pour les Africains une source inégalable de savoir. Dans une culture très marquée par l’oralité, celui qui sait est celui qui a vécu, qui a accumulé en lui
nombre d’histoires sur le village, les ancêtres, les familles… C’est ce qu’a génialement résumé l’écrivain Hampâté Bâ dans sa célèbre maxime « Un vieillard qui meurt c’est une
bibliothèque qui brûle ».


